vendredi 8 avril 2016

De la compacité des îles – If étalon

De la compacité des îles – If étalon
Jean-Luc A, 5 avril 2016
 
Suivant la suggestion de Marie de conférer à IF le rôle d'une unité de mesure, je me suis intéressé à la proposition de Guillaume quant à l'évaluation de la compacité des îles.
Je suis parti de l'idée simple que l'île la plus compacte est de forme circulaire, forme qui donne le périmètre le plus court pour une surface donnée. Sur cette base, on serait tenté de mesurer la compacité à partir de la relation entre surface et périmètre. Mais la mesure du périmètre se heurte au niveau de généralisation adopté pour le tracé ; pour sa part, la surface est bien moins fortement affectée par le taux de généralisation. Sur cette base, j'ai adopté une méthode essentiellement graphique qui présente l'avantage d'être facile à mettre en œuvre sans moyen particulier.

Pour chaque île, après en avoir tracé le périmètre, je détermine deux cercles : le plus petit cercle circonscrit possible et le plus grand cercle inscrit possible. Pour une île circulaire, ces deux cercles sont de diamètres semblables et concentriques. On peut donc envisager de définir la compacité sur la base de deux variables : la différence de diamètre entre les deux cercles et la distance entre leurs centres.


J'ai ensuite examiné les trois autres cas extrêmes
- forte différence de diamètre, forte excentricité (spermatozoïde)
- forte différence de diamètre, faible excentricité (écrou à ailettes)
- faible différence de diamètre, forte excentricité. Ce dernier cas n'est pas possible puisque plus les cercles sont de diamètres semblables, moins il est envisageable qu'ils soient excentriques.
            Sur cette base, j'ai construit quelques formules simples qui permettent de borner la valeur de chaque variable entre 1 et 2. Pour y parvenir, j'ai déterminé des seuils de manière à éviter le cas théorique de l'île de la taille d'une tête d'épingle attachée à un fil très très long (et même plus) et qui conduit à des valeurs infinies.
            Ainsi, chaque île peut être qualifiée par trois valeurs et donc placée sur autant d'échelles de grandeur différentes
Décentrement : de 1 à 2
Différence de diamètre : de 1 à 2
Compacité globale (par multiplication des précédents) : de 1 à 4

Suivant ce calcul, If aurait un taux de compacité globale très proche de 2. Sachant que la plus grande part des îles est qualifiée par un taux variant entre 1,7 et 2,3 il ne s'agit pas d'une exception.

Dans la mesure où, pour effectuer les mesures je devais dessiner chaque île, je disposais d'autant d'images. De manière à simplifier le travail, je me suis affranchi des échelles de réduction en faisant "entrer" toutes les îles dans un même grand cercle. Cette première opération, qui pour effet de mettre l'Angleterre à la même taille que la Corse et qu'If est assez peu habituelle pour donner à penser un monde sensiblement différent  – au moins du point de vue des hiérarchies – de celui que  nous connaissons

Pour homogénéiser les figurations graphiques, j'ai aussi choisi de ne pas tenir compte de l'orientation des îles et je les ai toutes placées de telle manière que l'axe qui relie les deux centres des cercles soit vertical, avec le petit cercle placé en haut de la figure. Ainsi, certaines îles se retrouvent cul par-dessus tête, l'exercice montre à quel point la perception des formes géographiques est conditionné par l'habitude de les voir orientées de manière systématique au nord.

Le résultat n'est à mon sens pas un carte mais un graphe qui figure dans l'espace du cadre des distances entre les îles qui sont basées sur les différences de leur organisation spatiale interne – les deux variables de définition de la compacité – qui n'ont rien à voir avec les distances géographiques qui les organisent sur le globe terrestre. Suivant cette définition, ce document ressortit plus à l'analyse de correspondance qu'à la cartographie et, dans ce cas, les deux répartitions ne présentent aucun point commun.

Un grand merci à notre ami Jean-Luc pour cette contribution originale, étayée et accessible.

samedi 2 avril 2016

Villissima, séquelles au Vidéodrome

On se souviendra sans doute de la belle expo dont Guillaume Monsaingeon a été le commissaire, Villissima, sise à Toulon. Le très beau catalogue, qui tente de (mais peine à) rendre compte des aspects les plus riches et créatifs de l'expo a le mérite d'exister.


Il y a des prolongements, des séquelles donc, qui explorent les voies frayées par l'expo, et en proposent des aspects différents. C'est le cas de la série de conférences, réunions, causeries, conversations, qui se tiennent tous les deux mois au Vidéodrome. Là, Guillaume fait part de ses recherches, illuminations, intuitions et les illustre de projections de films dont on n'aurait jamais entendu parler autrement.




On peut trouver grâce à l'internet, quelques uns de ces films.

Lucie & Simon [Brodbeck et De Barbuat]



il y en avait beaucoup d'autres… Je me souviens en particulier du Maire de Tirana…
Une autre fois peut-être

Prochain rendez-vous vendredi 22 avril, 18:00

vendredi 25 mars 2016

Cartographie féminine?

J'ai bien conscience du caractère légèrement provocateur de mon titre. Espérons qu'il sera - en plus, également,- accrocheur. Mais c'est aussi qu'il reprend les termes mêmes des deux articles, fort intéressants ma foi, que je voudrais faire partager.

The Hidden Histories of Maps Made By Women: Early North America

et

How Women Mapped the Upheaval of 19th Century America

L'auteur(e) est Laura Bliss qui écrit dans The Atlantic Citylab

Dans Les histoires cachées des cartes faites par des femmes:les débuts de l'Amérique du Nord, elle raconte qu'Alice Hudson, bibliothécaire de cartes à la New York Public Library a commencé des recherches sur les cartographes-femmes; elle s'attendait à en trouver une dizaine; mais qu'en poursuivant , fouillant les recensements, peignant les cartes et rassemblant les informations données par ses collègues elle en a trouvé des milliers (rien qu'en se limitant à la période avant 1900)…

L'article est illustré de cartes et dessins à main levée



Dans Comment les femmes ont cartographié le bouleversement le l'Amérique du 19e siècle, on voit comment est décrit le mouvement


et aussi Manhattan, block par block


De plus, il y a force liens pour élargir l'horizon…
La Californie comme une île
Le Gulf-Stream de Benjamin Franklin
La Lune en 1647
et, bien sûr, Women in Cartography, à la Bibliothèque Publique de Boston…